3 5 mm

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Voici quelques oeuvres que j'ai créées. Béatrice

Here are some art pieces I created.
Beatrice

LE SOUPIR DES JACINTHES

Une enfance. Une peur de mourir. Des sourires. Des peurs.

Mon âme est devenue une feuille morte.

L’autre jour, je pensais à ma vie. Une vie qui tourne avec le cycle des saisons. Des printemps, des étés, des automnes, des hivers. Les mêmes printemps, étés, automnes, hivers que tout le monde. Une vie identique aux autres, une vie qui veut mordre sa queue et qui n’y arrive pas. Une vie qui cherche et ne trouve pas. Une vie simple, heureuse et tragique à la fois. Ma vie est une existence comme une autre.

En prenant le métro, chose que je fais si souvent, j’eu cette pensée, me demandant le nombre de personnes prenant le métro en une journée. 100 000 ? 200 000 ? 700 000 ? 700 000 vies, 700 000 histoires et autant de personnalités. Plus de 700 000 idées, désirs et envies. En une journée, 1 400 000 yeux, bouches, oreilles passaient où j’étais passée. Et que vaut-je la dedans ? Je suis une infime partie d’un tout ou peut-être une infime partie d’un rien. Je n’ai pas de but précis dans la vie. Je m’en vais vers le néant ou plutôt vers l’inconnu puisque je ne sais pas ce que m’attends demain et mes prochaines années. Tout le monde veut de l’argent, de l’amour, de l’attention, du confort, un travail. Tout le monde travaille, consomme et meurt. Qu’est-il rendu de ce temps simple, lent, frais de mon enfance ? Où est rendue cette imagination débordante de vie et neuve ?

Peut-être est-elle enfouie dans mes souvenirs du printemps. Saison si admirable par ses odeurs et sa majestueuse prestance. Le printemps est voleur. Lorsqu’il part, avec l’été, il amène avec lui presque tout mon espoir, mon inspiration, mon intelligence, ma fierté d’être moi. Parti, le printemps ne laisse à côté de moi qu’un résidu d’habitudes, de couleurs pâles, de colère, d’incertitude et de jalousie.

Je suis une mer d’amertume. Je suis pessimiste.

Je suis un œuf qui se fait marcher dessus par des fantômes trop lourds. Je suis un bambi immobilisé par un chasseur. Mon âme est devenue une feuille morte.

Je suis muette, mais je sais écrire. La communication est impossible par ma bouche. Mes lèvres ne sont qu’une fente rosée qui ne laisse passer que la nourriture et des mensonges.

Une adolescence. Une peur de vivre. Des rires froids. Des amitiés presque tangibles.